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Avancée dans le cancer de la vessie

Le Service d'urologie du CHUV vient de publier les résultats d'une étude mettant en évidence un nouveau mécanisme immunitaire jouant un rôle majeur dans l'échec de traitement et la récidive des tumeurs de la vessie.

Published by Laurent Derre

Une étude menée par le service d’urologie du CHUV, en collaboration avec l’Institut Ludwig Lausanne Branch, montre comment l’équilibre établi entre différents pans du système immunitaire est déterminant dans le contrôle de la récidive tumorale. De tous les cancers, le cancer de la vessie a l’un des taux de récidive les plus importants.

La plupart des patients atteints d’un cancer de la vessie présentent, au moment du diagnostic, une tumeur n’infiltrant pas encore le muscle entourant la vessie (stade relativement précoce). La tumeur est retirée par chirurgie et certains patients bénéficient d’une immunothérapie par le BCG (Bacille de Calmette et Guérin) pour ralentir la survenue de récidive tumorale. Cependant, bien que ce traitement soit le plus efficace à ce jour, les récidives restent fréquentes et surviennent parfois très rapidement après traitement. Les mécanismes immunitaires mis en jeu pouvant expliquer l’efficacité - ou l’échec – du traitement étant peu connus, il était urgent de les comprendre. Les chercheurs du service d’urologie du CHUV (Dr. M. Chevalier et L. Derré) ont pu tout d’abord identifier les différents acteurs immunitaires impliqués dans ce contexte et distinguer leurs rôles bénéfiques ou délétères chez les patients participant à l’étude. Alors que certaines cellules immunitaires sont importantes pour éliminer et contrôler la tumeur (lymphocytes T), d’autres viennent freiner ces réponses efficaces (cellules myéloïdes suppressives). C’est précisément l’équilibre entre ces deux composantes qui semble déterminer la survenue rapide ou non d’une récidive. Plus largement, une analyse dans les données multicentriques du réseau "The Cancer Genome Atlas" a permis de montrer que cet équilibre pourrait également jouer un rôle sur la survie des patients atteints d’un cancer à un stade plus avancé (infiltrant le muscle). L’équipe a par ailleurs identifié un nouveau mécanisme capable de faire pencher l’équilibre du côté délétère via de nouveaux acteurs du système immunitaire récemment découverts et encore peu connus (les cellules lymphoides innées de type 2).

En raison des récidives fréquentes et survenant parfois très rapidement après le traitement, les patients doivent revenir souvent à l'hôpital pour des contrôles et subir de multiples opérations chirurgicales, un suivi lourd pour des patients souvent âgés et faisant de ce cancer le plus cher à traiter par patient. Par la mise en évidence d’un nouveau biomarqueur de récidive et d’un nouvel axe d’immunosuppression, ce travail pourrait avoir un impact significatif dans la prise en charge et les futurs traitements du cancer de la vessie. Un futur défi sera d’identifier un marqueur spécifique permettant de définir plus simplement ces cellules immunitaires indésirables qui ne sont actuellement mesurables que par des techniques de pointe non standardisées. Cela permettra, d’une part, de disposer d’un outil pronostique accessible en routine clinique, et d’autre part de cibler les cellules délétères pour faire pencher l’équilibre immunitaire du bon côté.

Co-dirigée par les Drs Laurent Derré et Camilla Jandus, l’étude menée conjointement par les Dr Mathieu Chevalier et Sara Trabanelli sera publiée en août dans la célèbre revue américaine Journal of Clinical Investigation, et est déjà disponible en accès libre sur le site du journal.





Last update on 18.08.2017 13:54